Archives par mot-clé : litterature

Une chance de trop, Harlan Coben

Tu parles d’une chance…

Pocket 12484, 472 p.

Genre : le mec qu’à vraiment pas de bol qu’à la fin ça en deviens presque ridicule.

Harlan Coben

Note : 6/10

Résumé

Marc est chirurgien plastique. Il n’opère pas les riches héritières (comme sa femme) mais les traumatisés de guerres où les enfants pauvres avec s collègue Zia.

Lorsqu’il émerge du comas, il trouve son meilleurs ami (et avocat) Lenny à son chevet.

Il a pris une balle presque dans la tête, sa femme a été assassinée et sa fille Tarra (8mois) enlevée.

Alors lorsque son beau-père lui donne les 100 000 dollars que les ravisseurs réclament pour la rançon, il y va.

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Saga, Tonino Benacquista

Folio n°3179 1997

Résumé Benacquista

note 6/10

Louis, Mathilde, Jérôme et Marco, le narrateur, sont contacter pour écrire une série française au rabais : Saga. Les 4 auteurs ont été choisis par la chaîne parce qu’il sont disponibles et pas cher. Une loi sur les quotas oblige la télévision à passer un certain nombre de productions françaises alors voilà, Saga sera tournée avec un minimum de moyens et passera à 4h du matin pour assurer les quotas.

Entre les auteurs, Louis le vieux qui assumera un rôle paternel dans l’équipe, Mathilde la spécialiste des histoires d’amour, Jérôme le fada de cascades et d’action et enfin moi, peut-être le plus ch’tarbé de tous, la mayonnaise prends.

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Vercingétorix. Avec lui commence l’histoire de la France

Georges Bordonove
Georges Bordonove

Georges Bordonove

Note : 3/10

Genre : Roman hagiographique historico-politique

 

 

 

Résumé:

La colère gronde chez les Carnutes. Vercingétorix mène la fronde pour unir les tribus gauloises contre l’envahisseur romain.

Chez lui, à Gergovie, il écrase le parti tiédasse de son Oncle et forme une grande (très très grande !) armée de l’intérieur.

Il ne veut pas finir comme son père, qui après avoir prétendu à la royauté s’est vu brulé vif devant ses yeux d’enfant à Gergovie-même.

Il traque et accule les légions romaine malgré l’intervention de César imself, du Nord Ouest au mi-Est.

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Forteresse digitale

Dan Brown
Dan Brown

Dan Brown

1998 Livre de Poche n°31275

Genre : polar crypté

Note : 4/10

 

 

 

résumé :

Susan est est cryptographe en chef dans le saint du saint des services de renseignement intérieurs Américains : la NSA.

Son supérieur hiérarchique direct, Strathmore, l’appelle en urgence un samedi. C’est qu’un ancien collègue d’origine japonaise, Tankado, aurait réussi l’impensable en créant un code inviolable, même par le super ordinateur tout neuf de la NSA. Pire que tout, il s’apprête à rendre sa création publique, rendant ainsi caduque tout le travail de son service de décryptage.

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Baiser

Chaque fois que j’avais touché ma jeune amie, le contact avait été électrique. J’ai déjà décrit cela et en parler m’a toujours gêné , mais j’attribuais ce phénomène à son… à une aura… à une forte personnalité. C’était une chose réelle, et pas une métaphore. Mais je n’avais jamais senti une telle décharge d’électricité entre nous.
Pendant une seconde, je restai passif, recevant son baiser plus que je ne le partageais. Mais alors sa chaleur et son insistance triomphèrent de la pensée, triomphèrent du doute, triomphèrent de tous mes autres sens dans les nuances de ce verbe, et je lui rendis son baiser, mettant mes bras autour d’elle pour l’attirer de plus près ; alors elle glissa ses bras sous les miens et fit courir ses doigts vigoureux le long de mon dos. Cela faisait cinq ans, pour elle, qu’Enée m’avait donné ce baiser d’adieu, au bord du fleuve de l’ancienne Terre ; il avait été pressant, électrique, plein de questions et de messages, mais c’était tout de même le baiser d’une fille de seize ans. Celui-là, c’était le baiser chaud, mouillé, bouche ouverte, d’une femme, et je réagit aussitôt.
Nous nous sommes embrassés pendant une éternité. J’étais vaguement conscient de ma nudité et de mon excitation comme d’une chose qui aurais dû m’embarrasser, mais c’était secondaire par rapport à ce baiser brûlant, insistant, qui ne voulait pas cesser. Quand finalement nos lèvres se séparèrent, presque enflées, presque endolories, pleines du désir d’être encore embrassées, nous couvrîmes de baisers nos joues, nos paupières, nos fronts, nos oreilles. Je baissait la tête et embrassai le creux de sa gorge, son pouls contre ma bouche, et je humai l’odeur parfumée de sa peau. Toujours à genoux, elle se cambra un peu afin que ses seins frôlent ma joue. Je refermai ma main sur l’un d’eux et baisai le mamelon presque avec respect, Enée prit ma nuque dans la paume de sa main. Je sentais son souffle sur moi, s’accélérer, tandis qu’elle se penchait vers moi.

Dan Simmons ; L’éveil d’Endymion Robert Laffont, Ailleurs et demain, 1997, p.351

L’Homme est amer, de Charles Beaudelaine

Charles Beaudelaine
Charles Beaudelaine

 

Titre original : « L’Homme est ta mère ! », censuré à la sortie du recueil en 1857.

Note pour les mal entendants : Homme-lige, signifie « personne entièrement dévouée à Dieu ».

 

L’Homme est amer

 

Homme-Lige toujours tu chérira l’amer !

L’amer est ton regard : il déforme ton âme

Compresse la beauté pour en faire couler des larmes

Et ton esprit n’est pas moins gouffre que la mer.

 

Tu puise ta force dans les certitudes d’un livre

Dont le sel fit – Kalach – glorifier tes aigreurs

T’enivre quelquefois tel un Derviche tourneur

Ton cadeau c’est toi seul, ignorant, qu’tu délivre

 

Alors que, sûr de toi, tu penses humer la mer,

Sentiment de puissance et de maîtrise,

tu ignore ce qui, en toi, gonfle et thésaurise

L’amer t’hume, t’envahit, t’es dégoûté sa mère !

 

Semblable jusque dans le goût, la parure, l’apprêt

Homme-Lige tu veux embellir ce que tout abîme

Acerbe, Ô cois-t’emflammer de bille légitime

Tant vous êtes sûr d’être Tout, et tous deux abstraits

 

Et c’est pourquoi voilà des siècles innombrables

Que vous pourrissez tout sans pitié ni remord

A peine apaisés par le carnage et la mort,

Ô lutteurs éternels, Ô monstres implacables !

 

 

Carpe Diem

Saisis le jour

Naples; petite boutique du coiffeur devant la mer et le soleil. Quais de chaleur; stores q’on soulève pour entrer. On s’bandonne. Est-ce que cela va durer longtemps ? Quiétude. Gouttes de sueur aux tempes. Frisson de la mousse de savon sur les joues. Et lui qui raffine après qu’il a rasé, rase encore avec un rasoir plus habile et s’aidant à présent d’une petite éponge imbibée d’eau tiède, qui amollit la peau, relève la lèvre. Puis, avec une douce eau parfumée, il lave la brûlure laissée; puis, avec un onguent, calme encore. Et pour ne bouger pas encore, je me fais couper les cheveux.

André Gide, Les nourritures terrestres, Folio, 1977, p.53

Couple

 
« Visite au vieux La Pérouse. C’est madame de La Pérouse qui est venue m’ouvrir. Il y avait plus de deux ans que je ne l’avais revue ; elle m’a pourtant aussitôt reconnu. (je ne pense pas qu’ils reçoivent beaucoup de visites.) Du reste, très peu changée elle même ; mais (est-ce parce que je suis prévenu contre elle ), ses traits m’ont paru plus durs, son regard plus aigre, son sourire plus faux que jamais.

« « Je crains que monsieur de La Pérouse ne soit pas en état de vous recevoir, m’a-t-elle dit aussitôt, manifestement désireuse de m’accaparer ; puis, usant de sa surdité pour répondre sans que je l’aie questionnée :

« _Mais non, mais non, vous ne me dérangez pas du tout. Entrez seulement. »

« Elle m’introduisit dans la pièce où La Pérouse a coutume de donner ses leçons, qui ouvre ses deux fenêtres sur la cour. Et des que je fus chambré :

« « Je suis particulièrement heureuse de pouvoir vous parler un instant seul à seule. L’état de monsieur La Pérouse, pour qui je connais votre vieille et fidèle amitié, m’inquiète beaucoup. Vous qu’il écoute, ne pourriez-vous pas lui persuader qu’il se soigne ? Pour moi, tout ce que je lui répète, c’est comme si je chantais Malborough. »

« Et elle entra là-dessus dans des récriminations infinies : Le vieux refuse de se soigner par seul besoin de la tourmenter. Il fait tout ce qu’il ne devrait pas faire, et ne fait rien de ce qu’il faudrait. Il sort par tout les temps, sans jamais consentir à mettre un foulard. Il refuse de manger aux repas : « Monsieur n’a pas faim », et elle ne sais quoi inventer pour stimuler son appétit ; mais, la nuit, il se relève et met sens dessus dessous la cuisine pour se fricoter on ne sait quoi.

« La vieille, à coup sûr, n’inventait rien ; je comprenais, à travers son récit, que l’interprétation de menus gestes innocents seule leur conférait une signification offensante, et quelle ombre monstrueuse la réalité projetait sur la paroi de cet étroit cerveau. Mais le vieux de son côté ne se mésinterprétait-il pas tous les soins, toutes les attentions de la vieille, qui se croyait martyre, et dont il se faisait le bourreau ? Je renonce à les juger, à les comprendre ; ou plutôt, comme il advient toujours, mieux je les comprends et plus mon jugement sur eux se tempère. Il reste que voici deux êtres, attachés l’un à l’autre pour la vie, et qui se font abominablement souffrir. J’ai souvent, remarqué chez des conjoints, quelle intolérable irritation entretient chez l’un la plus petite protubérance du caractère de l’autre, parce que la « vie commune » fait frotter celle-ci toujours au même endroit. Et si le frottement est réciproque, la vie conjugale n’est plus qu’un enfer.
 

André Gide, Les faux-monnayeurs, Gallimard, Folio, p156-157