L’Homme est amer, de Charles Beaudelaine

Charles Beaudelaine
Charles Beaudelaine

 

Titre original : « L’Homme est ta mère ! », censuré à la sortie du recueil en 1857.

Note pour les mal entendants : Homme-lige, signifie « personne entièrement dévouée à Dieu ».

 

L’Homme est amer

 

Homme-Lige toujours tu chérira l’amer !

L’amer est ton regard : il déforme ton âme

Compresse la beauté pour en faire couler des larmes

Et ton esprit n’est pas moins gouffre que la mer.

 

Tu puise ta force dans les certitudes d’un livre

Dont le sel fit – Kalach – glorifier tes aigreurs

T’enivre quelquefois tel un Derviche tourneur

Ton cadeau c’est toi seul, ignorant, qu’tu délivre

 

Alors que, sûr de toi, tu penses humer la mer,

Sentiment de puissance et de maîtrise,

tu ignore ce qui, en toi, gonfle et thésaurise

L’amer t’hume, t’envahit, t’es dégoûté sa mère !

 

Semblable jusque dans le goût, la parure, l’apprêt

Homme-Lige tu veux embellir ce que tout abîme

Acerbe, Ô cois-t’emflammer de bille légitime

Tant vous êtes sûr d’être Tout, et tous deux abstraits

 

Et c’est pourquoi voilà des siècles innombrables

Que vous pourrissez tout sans pitié ni remord

A peine apaisés par le carnage et la mort,

Ô lutteurs éternels, Ô monstres implacables !

 

 

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