Archives par mot-clé : litterature

Hygiène de l’assassin, Amélie Nothomb

Albin Michel, 1992, 181p.

Note 4/10

Genre : élucubration de d’auteure sur les auteurs, à charge et à compte d’auteur.

Prétextat Tache est, dans le désordre, un obèse quasi eunuque et moribond, il est impotent et écrivain. Imbu de lui-même et parlant de lui à la troisième personne, le bonhomme, ermite et misanthrope a écrit une flopée de romans plus ou moins dérangeant et reçu le prix Nobel. Cependant, après un dernier roman laissé inachevé il y a 24 ans il a totalement cessé d’écrire.

 Comme il est rongé et qu’il s’emmerde il se lance dans un marathon d’entrevues avec des journalistes. Il prend un malin plaisir à les confondre dans leur stupidité, somme toute humaine, et tombe sur un os : une journaliste acerbe à la plume aussi acérée qu’une main d’étrangleur (Nina, dite « la créature » pour les intimes).

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Les ailes du Sphinx, andrea Camilleri

Fleuve Noir, 2010, 253p.

Note 7/10

genre : info à ne surtout pas faire transiter par Catarè…

Le commissaire Montalbano est sur la double brèche : le meurtre d’une magnifique jeune russe au tatouage de papillon et une engueulade avec Livia qui le laisse plein de remords et de doutes.

Son enquête le mènera à un réseau de prostitution de jeunes filles immigrées, à leur mise au service du vol organisé par une filière de bénévole pour l’Eglise et à …

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charrette bleue, Barjavel

La charrette bleue, Barjavel

Note : 9/10

Genre : roman autobiographique familial

Denoel, 1980, 283 p .

Barjavel nous raconte la vie de sa famille autour du bourg de Nyons dans la Drôme.

Il nous invite, au niveau du sol, dans l’intimité de ses parents et de son enfance. Les anecdotes se succèdent en touches impressionnistes pour peindre un tableau touchant de la campagne française autour de la première guerre mondiale. De la charrette manufacturée qui fait l’admiration des gamins, aux sources fraîches qui font la richesse des familles. De ses parents boulangers aux livres dévorés sur une pille de ballots de fourrage ou dans un trou creuser dans la terre fraîche.

Autant de vignettes magiques qui font vibrer un passé révolu comme si on y était.

Jusqu’à la maladie qui emporterait sa mère et son enfance avec elle.

Ce que j’en penses : un régal !

Nouveau-né

La charrette bleue, Barjavel, Denoel, 1980, p.97

Les enfants ne sont pas des paquets qu’on peut poser dans un coin. Une certaine pédiatrie hygiénique et imbécile veut qu’on laisse les nourrissons dans leur lit, couchés sur le ventre, et qu’on ne les en sorte que pour le biberon et la toilette. C’est monstrueux.

Un nouveau-né est un écorché vif. Il vient d’être arraché à la douceur et la sécurité du ventre maternel qui était le prolongement de lui-même. Il besoin, un besoin absolu, vital, d’être de nouveau en contact avec du vivant, de la chaleur, du sang. Le sein était le grand consolateur non seulement par la nourriture qu’il dispensait, mais aussi pour son contact chaleureux et doux avec les joues et les petites mains nues qui cherchent le monde.

Dictionnaire littératif :

Le sein

La charrette bleue, Barjavel, Denoel, 1980, p.98

Le sein aujourd’hui a changé de fonction. Il n’est plus nourrissant mais seulement érotique, réservé aux mains de l’homme. En tant qu’homme je ne m’en plaindrait pas, mais comme j’en ai été privé enfant ! …

Tables de multiplication, mathématique, scolarité

La charrette bleue, Barjavel, Denoel, 1980, p.140

Après l’addition et la soustraction, il eut le supplice des tables de multiplication. J’ai su très vite la table par 2. Mais la table par 3 m’emplit d’effarement. 3 fois 2, 6, je comprenais, c’était la même chose que 2 fois 3, 6. Mais 3 fois 3, 9… Pourquoi ? Pourquoi 9, et pas 8 ? C’était comme ça. Il fallait le savoir. Pour le savoir, l’apprendre par cœur. C’est tout. Et plus loin il y avait le 4 fois 4, 16, qui était le comble de l’inexplicable. Et tout à fait au bout, l’himalaya d’horreur de la table par 9…

Ecole, scolarité, société

La charrette bleue, Barjavel, Denoel, 1980, p.145

Arracher les enfants à leur activité normale qui est celle de l’agitation inutile et joyeuse, pour les enfermer entre quatre murs où pendant des années on leur empile dans le crâne des notions abstraites, c’est la torture la plus masochiste que l’homme est inventé contre lui-même.

Le grand feu de Mai 68 était un sursaut de libération, et non un élan de révolution sociale, comme quelques-uns l’on cru ou voulu le faire croire. La preuve est qu’il n’en est rien resté, qu’un peu de cendres.

Il ne restera peut-être rien de plus, un jour prochain, de notre civilisation. C’est le savoir appris à l’école qui a permis de l’édifier. Et il manque à ce savoir l’essentiel de la connaissance, qui est l’explication du monde, de la vie, le « pourquoi » de l’existence des êtres et des choses, de leur organisation tourbillonnante, des atomes aux univers, et en deçà et au-delà.

Le savoir des écoles se borne à enseigner le « comment ». C’est un savoir éparpillé, sans unité et sans direction. Ce n’est pas un chemin qui conduit vers le sommet de la montagne d’où l’on pourra voir l’horizon et comprendre dans tous ses détails l’ordonnance du paysage, c’est une plaine de sable dont on propose à l’homme d’étudier chaque grain. Ce savoir ne peut donner naissance qu’à une société technique, sans sagesse et sans raison, aussi absurde et dangereuse dans son comportement qu’un camion-citerne lancé sans conducteur sur une autoroute en pente. En brûlant les voitures, les étudiants de Paris, de Tokyo, de Berlin et des universités américaines, avaient fait sans le savoir un choix symbolique.

Une chance de trop, Harlan Coben

Tu parles d’une chance…

Pocket 12484, 472 p.

Genre : le mec qu’à vraiment pas de bol qu’à la fin ça en deviens presque ridicule.

Harlan Coben

Note : 6/10

Résumé

Marc est chirurgien plastique. Il n’opère pas les riches héritières (comme sa femme) mais les traumatisés de guerres où les enfants pauvres avec s collègue Zia.

Lorsqu’il émerge du comas, il trouve son meilleurs ami (et avocat) Lenny à son chevet.

Il a pris une balle presque dans la tête, sa femme a été assassinée et sa fille Tarra (8mois) enlevée.

Alors lorsque son beau-père lui donne les 100 000 dollars que les ravisseurs réclament pour la rançon, il y va.

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Saga, Tonino Benacquista

Folio n°3179 1997

Résumé Benacquista

note 6/10

Louis, Mathilde, Jérôme et Marco, le narrateur, sont contacter pour écrire une série française au rabais : Saga. Les 4 auteurs ont été choisis par la chaîne parce qu’il sont disponibles et pas cher. Une loi sur les quotas oblige la télévision à passer un certain nombre de productions françaises alors voilà, Saga sera tournée avec un minimum de moyens et passera à 4h du matin pour assurer les quotas.

Entre les auteurs, Louis le vieux qui assumera un rôle paternel dans l’équipe, Mathilde la spécialiste des histoires d’amour, Jérôme le fada de cascades et d’action et enfin moi, peut-être le plus ch’tarbé de tous, la mayonnaise prends.

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Vercingétorix. Avec lui commence l’histoire de la France

Georges Bordonove
Georges Bordonove

Georges Bordonove

Note : 3/10

Genre : Roman hagiographique historico-politique

 

 

 

Résumé:

La colère gronde chez les Carnutes. Vercingétorix mène la fronde pour unir les tribus gauloises contre l’envahisseur romain.

Chez lui, à Gergovie, il écrase le parti tiédasse de son Oncle et forme une grande (très très grande !) armée de l’intérieur.

Il ne veut pas finir comme son père, qui après avoir prétendu à la royauté s’est vu brulé vif devant ses yeux d’enfant à Gergovie-même.

Il traque et accule les légions romaine malgré l’intervention de César imself, du Nord Ouest au mi-Est.

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Forteresse digitale

Dan Brown
Dan Brown

Dan Brown

1998 Livre de Poche n°31275

Genre : polar crypté

Note : 4/10

 

 

 

résumé :

Susan est est cryptographe en chef dans le saint du saint des services de renseignement intérieurs Américains : la NSA.

Son supérieur hiérarchique direct, Strathmore, l’appelle en urgence un samedi. C’est qu’un ancien collègue d’origine japonaise, Tankado, aurait réussi l’impensable en créant un code inviolable, même par le super ordinateur tout neuf de la NSA. Pire que tout, il s’apprête à rendre sa création publique, rendant ainsi caduque tout le travail de son service de décryptage.

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Baiser

Chaque fois que j’avais touché ma jeune amie, le contact avait été électrique. J’ai déjà décrit cela et en parler m’a toujours gêné , mais j’attribuais ce phénomène à son… à une aura… à une forte personnalité. C’était une chose réelle, et pas une métaphore. Mais je n’avais jamais senti une telle décharge d’électricité entre nous.
Pendant une seconde, je restai passif, recevant son baiser plus que je ne le partageais. Mais alors sa chaleur et son insistance triomphèrent de la pensée, triomphèrent du doute, triomphèrent de tous mes autres sens dans les nuances de ce verbe, et je lui rendis son baiser, mettant mes bras autour d’elle pour l’attirer de plus près ; alors elle glissa ses bras sous les miens et fit courir ses doigts vigoureux le long de mon dos. Cela faisait cinq ans, pour elle, qu’Enée m’avait donné ce baiser d’adieu, au bord du fleuve de l’ancienne Terre ; il avait été pressant, électrique, plein de questions et de messages, mais c’était tout de même le baiser d’une fille de seize ans. Celui-là, c’était le baiser chaud, mouillé, bouche ouverte, d’une femme, et je réagit aussitôt.
Nous nous sommes embrassés pendant une éternité. J’étais vaguement conscient de ma nudité et de mon excitation comme d’une chose qui aurais dû m’embarrasser, mais c’était secondaire par rapport à ce baiser brûlant, insistant, qui ne voulait pas cesser. Quand finalement nos lèvres se séparèrent, presque enflées, presque endolories, pleines du désir d’être encore embrassées, nous couvrîmes de baisers nos joues, nos paupières, nos fronts, nos oreilles. Je baissait la tête et embrassai le creux de sa gorge, son pouls contre ma bouche, et je humai l’odeur parfumée de sa peau. Toujours à genoux, elle se cambra un peu afin que ses seins frôlent ma joue. Je refermai ma main sur l’un d’eux et baisai le mamelon presque avec respect, Enée prit ma nuque dans la paume de sa main. Je sentais son souffle sur moi, s’accélérer, tandis qu’elle se penchait vers moi.

Dan Simmons ; L’éveil d’Endymion Robert Laffont, Ailleurs et demain, 1997, p.351

L’Homme est amer, de Charles Beaudelaine

Charles Beaudelaine
Charles Beaudelaine

 

Titre original : « L’Homme est ta mère ! », censuré à la sortie du recueil en 1857.

Note pour les mal entendants : Homme-lige, signifie « personne entièrement dévouée à Dieu ».

 

L’Homme est amer

 

Homme-Lige toujours tu chérira l’amer !

L’amer est ton regard : il déforme ton âme

Compresse la beauté pour en faire couler des larmes

Et ton esprit n’est pas moins gouffre que la mer.

 

Tu puise ta force dans les certitudes d’un livre

Dont le sel fit – Kalach – glorifier tes aigreurs

T’enivre quelquefois tel un Derviche tourneur

Ton cadeau c’est toi seul, ignorant, qu’tu délivre

 

Alors que, sûr de toi, tu penses humer la mer,

Sentiment de puissance et de maîtrise,

tu ignore ce qui, en toi, gonfle et thésaurise

L’amer t’hume, t’envahit, t’es dégoûté sa mère !

 

Semblable jusque dans le goût, la parure, l’apprêt

Homme-Lige tu veux embellir ce que tout abîme

Acerbe, Ô cois-t’emflammer de bille légitime

Tant vous êtes sûr d’être Tout, et tous deux abstraits

 

Et c’est pourquoi voilà des siècles innombrables

Que vous pourrissez tout sans pitié ni remord

A peine apaisés par le carnage et la mort,

Ô lutteurs éternels, Ô monstres implacables !

 

 

Carpe Diem

Saisis le jour

Naples; petite boutique du coiffeur devant la mer et le soleil. Quais de chaleur; stores q’on soulève pour entrer. On s’bandonne. Est-ce que cela va durer longtemps ? Quiétude. Gouttes de sueur aux tempes. Frisson de la mousse de savon sur les joues. Et lui qui raffine après qu’il a rasé, rase encore avec un rasoir plus habile et s’aidant à présent d’une petite éponge imbibée d’eau tiède, qui amollit la peau, relève la lèvre. Puis, avec une douce eau parfumée, il lave la brûlure laissée; puis, avec un onguent, calme encore. Et pour ne bouger pas encore, je me fais couper les cheveux.

André Gide, Les nourritures terrestres, Folio, 1977, p.53