Archives par mot-clé : note de lecture

Le jardin d’Epicure, Irvin Yalom

genre : essai de psychologie humaniste

Livre de Poche, 2008, 305p.

note 6/10

Irvin Yalom est un psychiatre et psychanalyste qui m’a personnellement régalé avec des romans touchant à des philosophes comme Nietzsche (Nietzsche à pleuré ) ou dans le « Problème Spinoza ». Ici il rédige un recueil de recettes et d’outils personnels et psychanalytiques pour se farcir le thème de la mort.

C’est sur, et il le dit, le truc n’est pas vendeur. Et, alors qu’on peut être sûr que la question tôt ou tard nous concerne tous et toutes, c’est un thème extrêmement peu abordé en temps que tel dans la littérature scientifique ou pas.

La peur de la mort.

Epicure n’est à mon grand regret que peu abordé dans cet ouvrage, si ce n’est que le tetra pharmacon fait office ici de socle épistémologique, de toile de fond conceptuelle pour l’ensemble des techniques et méthodes décrite par Yalom.

Ce que j’en penses : C’est très bien mais ça fait pas rêver. Pour être honnête, moi la mort, je préfère la découvrir par moi-même…

Des souris et des hommes, John Steinbeck

Folio, 1955, 175p.

Genre : Forest Gump psychopathe

note : 9/10

Résumé

Georges et Lenny font la route. C’est en Californie, à une date indéterminée mais sans doute contemporaine à la rédaction du roman (1937).

Lenny n’est pas bien intelligent, il «  oublie » beaucoup d

e choses et lorsqu’il a peur, ne se maîtrise plus. Depuis qu’il n’a plus sa tante 

Betty, c’est Georges qui le protège et veille sur lui. Comme un fardeau, mais comme un but aussi. Georges aime a raconter comment sera la vie, lorsqu’ils seront propriétaire d’un petit bout de terre. Lenny adore l’écouter et c’est sur ce terrain là qu’ils se retrouvent et s’entre-aide. Pas comme tout ces travailleurs saisonniers qui claquent leur argent au bordel tout les dimanches.

Georges et Lenny sont travailleurs saisonniers. Ils ont du quitter une ferme plus au nord après que Lenny ait fait une bêtise.

Rubicon du primo lecteur

C’est pas de sa faute. Il adore toucher les choses douces. Comme cette souris morte dans sa poche. Lorsque la petite fille a crié il a paniqué. Les gens les ont chassés.

Dans ce nouveaux ranch il trouvent des gens biens. Slim, le roulier, Crooks, le palefrenier et Candy, le vieux à tout faire a même un peu d’argent de côté qu’il est prêt à investir dans le projet de maison. Après la mort de son vieux chien, il n’a plus rien a espérer ici…

Mais la présence de la femme de Carlson (violent fils du propriétaire) est belle et blonde. C’est par elle que le malheur arrivera.

Lenny, après lui avoir caressé les cheveux va connaître une nouvelle crise de panique et cette fois la laissera morte.

Comme le chien de Candy, cette fois, Georges va devoir exécuter Lenny, pour que ça ne soit pas les autres qui s’en chargent.

Ce que j’en penses : Mini roman, presque une nouvelle, mais qui en quelques pages et avec une simplicité déconcertante plante un décor, tisse un drame humain et va jusqu’à son dénouement.

Magnifique de justesse et d’humanité !

Bien sûr des esprits chagrins pourront y voir de la naïveté ou des personnages brossés à la hache, des clichés. Mais ça n’est ni une étude de sociologie ni un documentaire. C’est un roman qui prend au bide.

Un humanisme à refonder

notes de lectures, Cotonou, mars 2000

Monde Diplomatique de février 2000

QU’ALLONS-NOUS FAIRE DE NOTRE ESPÈCE ?

Depuis un article original de Patrick Viveret
Il s’agit ici d’une réaction aux thèses, assez marginales, au demeurant mais déjà trop dangereuses au finissant, dites de la « post-humanité ».

C’est Francis Fukuyama[[Obscur fonctionnaire du département d’Etat devenu professeur à l’université George-Mason, Francis Fukuyama a été « lancé » grâce à la fondation Olin (produits chimiques). Par universitaires interposés, Allan Bloom et Samuel Huntington, tous deux directeurs de centres de recherche Olin, respectivement à l’université de Chicago et à l’université Harvard, celle-ci a créé de toutes pièces un débat à partir de sa conférence « La fin de l’Histoire » prononcée en 1988. Initialement porté par deux autres bénéficiaires des largesses d’Olin – la revue The National Interest, été 1989, et son directeur, Irving Kristol -, ce « débat » a ensuite été repris par les grands médias. Lire à ce sujet Susan George, « Comment la pensée devint unique », Le Monde diplomatique, août 1996. La traduction française du texte de Fukuyama « La fin de l’histoire », publiée dans la revue Commentaires, no 47, automne 1989, a été reprise dans son ouvrage La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme, Flammarion, Paris, 1994.- note issue de l’article]], qui annonce la fin des doctrines du « constructivisme social », par la victoire d’un ordre libéral fondé sur le marché.

Rien de très réjouissant donc.

On se souvient également de

la fin de l’histoire humaine

Huxley, le Meilleur des Mondes, 1932
pour une nouvelle histoire au delà de l’humain.
Un délire tenant de la SF ? Peut-être, ce n’est pas parce que l’humain peut se mécaniser o use bio-techniser qu’il sera moins con ou même foncièrement différent dans sa tête (aucune drogue ne peut modifier en profondeur l’être de toute une société… qui a dit : « la religion », taisez-fous dans le fond !).

Ce qui est inquiétant c’est plus « l’éloge des inégalités » qui sous-tend ce discourt d’anticipation qui est fondé sur la réalité spectaculaire-marchande libéralo-naturelle (voire d’essence divine).

F. Braudel : « Les intérêts du capitalisme entrent souvent en contradiction avec la logique même du marché ». Cf aux U.S.A.

 L’anti-humanisme

p.26 -> L’anti-humanisme idéologique est une pensée pratique permettant de justifier le bordel causé par le maintien de 3 Milliards d’êtres humains en état de sous-humanité.

Une crise de l’humanisme

– « Insuffisante prise en compte de la mutation informationnelle et de la révolution biologique ».
– Carence du triptyque individu/raison/progrès tel qu’il s’est construit à l’époque des lumières ?

D’où plusieurs fragilités :
– Fragilité écologique.
L’Homme est possesseur de la Nature et la responsabilité qu’il peut avoir vis à vis de l’environnement est une question restée sans réponse.
– Fragilité anthropologique.
L’individu rationnel, ignorant l’inscription collective, se retrouve seul face à l’Etat après l’effondrement des « sociétés d’ordres » (ou classes).

Sont oubliés les enjeux émotionnels et spirituel de la condition humaine.
L’auteur pose également les questions éthiques soulevées par :
le débat sur l’abolition de la douleur et du travail pénible

C’est oublier (pour les tenant de la libération du corps comme les Grecs ancien avec leur Soma Sema, le corps est une sépulture de l’âme) que l’esprit n’est pas détaché du corps. Dommage pour ceux qui croyaient en une vie après la mort… toutes mes condoléances.

L’âtre est un tout, lié également avec son environnement (sensible et social).

La douleur et le travail pénible, même si personne ne nie qu’ils sont à relativiser à l’aune de leur utilité, ne sont ni ne peuvent (ne doivent) être à proscrire. Et ce pour la simple et bonne raison qu’il ne s’agit pas tant d’une punition divine que d’une donnée ontologique de l’Etre.

Deux problèmes s’opposent à la discution « à plat » sur :

une Bioéthique

– Les phantasmes de Toute-Puissance déconnectés de la réalité sensible.
La soif des « débouchés » industriels et des « faiseurs d’argent par les bourses ».
Il est d’ailleurs intéressant à ce sujet de voir que la question (centrale ?) de la génération industrielle du vivant se rapproche de celle (à mon goût condamnable) de la génération immatérielle (pratiquement ex-nihilo) de monnaie par la spéculation boursière. Dans les deux cas il s’agit de « procréation » virtuelle.

p27 « Le risque, bien analysé par Monette Vacquin, du caractère infantile et fantasmatique de la pulsion de toute-puissance (ou de toute-connaissance), à l’oeuvre dans la technoscience actuelle, semble d’autant plus important qu’il est inscrit dans la pulsion de richesse et de puissance, elle-même sans limités, du capital financier ».

$ En ce sens, on pourrait caractériser le dérèglement mental provoqué par le capitalisme extrémiste comme un désir de toute-puissance allié à u nrefus de responsabilité.