Epona

Nouvelle, écrite en avril 2013 par Mathieu Rigard
Doit entrer dans une fresque plus vaste relative à la domestication animale au néolithique qui comportera plusieurs tableaux.

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Le vent caressait l’herbe. Il faisait onduler la plaine en de vastes frémissements veloutés, comme une main géante, invisible, passant dans une fourrure d’hiver.
D’enivrantes vagues odorantes s’élevaient autour de nous comme autant de bulles d’air tiède. Elles venaient éclater en libérant des parfums que l’hiver jusque-là avait masqué : le miel des fleurs avides de lumière, les arômes musqués de la terre humide et de la tourbe, l’acidité des jeunes pousses de ronces. Nous étions quatre à avoir atteint l’autre rive de cette interminable période de glace et de froid ; presque six, en fait, deux d’entre nous portaient le solide espoir du renouveau de la vie.
Je voyais, quelques pas en retrait, mes compagnes. Magnifiques dans leurs fourrures luisantes et encore épaisses. J’entendais : leur silence, les battements de leurs cœurs à l’unisson du mien, leurs respirations rapides. Tout, autour de nous, incitait à l’allégresse : les oiseaux chantaient, plus nombreux que jamais. La lumière chaude de ce printemps béni m’appelait avec insistance. La vallée qui coulait, verte et douce, jusqu’au cours d’eau en contre-bas réveillait en moi des envies de courses effrénées, des élans dont la puissance confinait au vertige. Athania et Bionne étaient dans le même état que moi. Nos forces s’étaient rassemblées jusqu’à nous rendre presque aériens, sans poids, tout en puissance, à deux doigts de succomber au plaisir de s’élancer en avant. C’est alors que, comme toujours, elle s’avança la première. Son mouvement, doux et paisible, me surpris. Je m’aperçus que, tout à mon émotion, j’en avais perdu toute notion de prudence. Quand apprendrai-je ? Un regard circulaire m’apprit que les filles, loin d’avoir remarqué mon émoi étaient encore submergées par leur désir frustré et renâclaient devant la sagesse de notre guide.
Eondine. Notre doyenne. La mémoire de notre troupe, la connaissance, le savoir. Elle était arrivée à refréner ses élans.
Nous arrivions du sud, de loin au sud. Ces lieux n’étaient pas nôtres, même si nous les avions parcourus l’année passée. Qui savait quels pièges ils pouvaient receler maintenant ? Nous n’étions pas les seuls à avoir faim… prudence.
Le respect des deux plus jeunes fut vite obtenu. J’étais heureux, je n’avais plus besoin de mordre depuis plusieurs semaines maintenant.
Eondine s’avançait et et les filles lui emboîtèrent le pas. Je suivais, aux aguets, arrière garde de la petite troupe.

Nous nous sommes tout de suite aperçus que quelque chose n’allait pas. Un élément dans le décor, quelque chose de potentiellement menaçant. Ce n’était pas le tigre à dents de sabre. S’il était effectivement passé peu de temps auparavant, pour l’instant il était loin. Ce n’était pas non plus les insectes. A cette époque de l’année le peu de mouches plates ou de taons qui s’étaient réveillés faisait le bonheur des merles et des grives. Non. C’était autre chose, quelque chose de plus subtil, de plus ancien, qui agitait constamment et en tous sens les oreilles d’Eondine. La tête haute, humant l’air, en alerte, elle n’avait même pas encore goûté l’herbe qu’elle foulait.
A mon tour j’ai interrogé les augures. Ma lèvre supérieure contre mes naseaux, j’ai inspiré profondément pour saisir la moindre particule odoriférante, la plus subtile phéromone circulant dans l’air à des kilomètres à la ronde. La direction d’où provenait notre trouble était précise. J’ai interrogé Eondine du regard : sa décision était claire. Elle était le guide, j’étais le dominant. Elle tourna les talons et, suivie des filles, se dirigea vers le coin de la plaine, en amont. L’endroit, proche de l’eau, légèrement en surplomb, ménageait un large couloir de fuite. Il leur permettrait de paître quelque temps en toute tranquillité. C’est moi qui irai au devant du danger.
J’ai décidé de me rassasier avant de me mettre en marche. Je suis ensuite enfoncé dans des bosquets qui me masquèrent vite à la vue du troupeau. Les appels de Bionne, la plus jeune de mes juments, retentissaient sans cesse. J’étais flatté, mais je me sentais d’autant plus seul à affronter le danger. Cette vallée était un cadeau des dieux. Elle nous était indispensable à ce moment de l’année mais recelait certains dangers qui, je l’avoue, me dépassaient. Je me contentais d’écouter, d’enregistrer avec précision la direction du troupeau dans ma mémoire, puis je me remettais à avancer.
J’arrivai à proximité… ce que je sentis m’apporta peu de surprise. Il devait y avoir là, dans une large zone herbeuse au cœur d’un bois moussu et humide, une jument en chaleur. Il y avait aussi le parfum de quelque chose d’autre, de dangereux, curieusement mêlé. Quelque chose qui existait quelque part dans ma mémoire, en plus léger, mais je ne parvenais pas à l’identifier clairement. Décidé, j’entrai dans la vaste clairière, prêt à faire face s’il le fallait, prêt à fuir aussi. C’est alors que je la vit.

Epona.

Je cru tout d’abord voir Eondine. Un bai parfait, profond, chaud, une crinière noire comme le jais. Mais celle qui m’apparut était bien plus encore. Une beauté fascinante. De tout son être émanait une étrangeté magnifique. Une vigueur, une santé, une vitalité particulière, quelque chose de divin. Epona respirait la force, sa robe avait le poil et les rondeurs du plein été alors que nous n’étions qu’aux tous premiers bourgeons.
Le calme et la puissance qui émanaient d’elle m’attiraient bien autant que ses chaleurs. Si puissante et vigoureuse qu’elle fut, il y avait quelque chose de soumis en elle qui faisait fausse note et m’intriguait. Malgré son âge, que trahissait certaines rides ainsi que des touffes blanches sur son chanfrein et sur ses flancs, j’étais sur qu’elle était fertile comme une jeune jument.
Mais il y avait autre chose, comme je l’avais sentis. C’était là, tout proche. C’était aussi, et cela me troublait, tout autour d’Epona. Son allure superbe, son parfum enivrant, venaient parasiter mon esprit et m’empêcher de penser. C’était plus fort que moi, il fallait qu’elle voit que moi aussi j’étais désirable. Moi aussi je pouvais être irrésistible ! Relevant la tête, je traversai la clairière en faignant l’indifférence, poitrail en avant, tête haute. Tout en moi disait : « Regarde ! Je suis la Force ! ».
Elle, minaudait. Enfin, la tête basse elle se tourna, me montrant son dos offert, la queue écartée sur le côté. Il y avait quelque chose d’anormal dans son geste, de maladroit. Une petite alerte raisonna dans mon esprit. Je me figeai. Un mouvement imperceptible venait d’avoir lieu dans l’ombre des arbres sur ma gauche. Une odeur peut-être liée avec ce que j’étais venu vérifier ici, avec celle que je sentais sur Epona ? Quelque chose d’ancien, que je connaissais pourtant sans arriver à reconnaître tout à fait, situé dans cette vallée. En lien également avec un ancien danger. Un danger confus dans mon esprit, quelque chose que je connaissais sans y avoir jamais été confronté, une expérience transmise sans doute par Eondine ou par ma mère. Je tournait inconsciemment mes oreilles vers la vallée et mon troupeau. Le silence me répondit. Devant moi, subjugué par le désir, Epona m’appelait. Une vague de fougue brûlante me submergea, je perdis la tête. « Regarde ! Je suis la Force ! ». Je secouais la tête avec vigueur et un nuage de poussière m’entoura, immédiatement constellé de milles rayons brillant dans la lumière matinale. Ma crinière sauvage, auréolée de ce halo lumineux finit de me faire oublier toute prudence : j’étais cette force que je voulais montrer. La jument réagit immédiatement en affaissant son postérieur, jambes écartées. Je me dressai alors, ruais de défi, agitant mes antérieurs dans l’air, menaçant, en direction des bois, comme pour terrasser un ultime rival, puis me précipitait sur elle pour la saillir.
Puis le calme revint dans la clairière à mesure que la tension s’apaisait. Tendant les oreilles vers l’Est je portais mon attention vers mes compagnes lorsque je compris d’où venait la maladresse d’Epona. Ses antérieurs étaient entravés au niveau des boulets par une sorte de liane. L’alerte résonna à nouveau dans ma tête. Je ronflais, naseaux grand ouverts : il était temps de partir. D’un signe de la tête je poussais Epona à se mettre en route, mais au lieu d’avancer elle se contenta de me sourire avec une infinie tendresse. Ses yeux avaient une façon étrange de regarder qui me mettait mal à l’aise. Sur le coup je ne compris pas ce qui se passait. Instinctivement je suivais du regard la direction de son oreille gauche. Je perçus trop tard le mouvement dans les feuillages.
Epona !
Tel de gros oiseaux, ils sont tombés des branches. Un, puis deux. Moi j’étais déjà à l’orée du bois, à cinq foulées de là, propulsé par un puissant galop. La chaleur des chocs irradiait mes sabots, les battements de mon cœur pulsaient à grands coups jusque dans mes pieds tandis que je me soulevait. Je me tordais le cou dans l’espoir d’apercevoir Epona à ma suite. La scène que je saisi alors de l’œil gauche me troubla au point que je faillis heurter un arbre. Les bêtes des arbres n’étaient pas des oiseaux. Curieusement cabrées, elles se tenaient maintenant tout près de la jument, et ne faisaient aucun mouvement vers moi. Epona, pour sa part, broutait paisiblement. L’une des créatures plongeait son antérieur dans sa crinière et y fourrageait lentement. Je m’arrêtais net,un frisson me parcourant l’échine. Cette sensation de caresse, le tendre mordillement d’une jument, il me semblait la connaître sur mon encolure. Je n’étais plus du tout sur de ce que je voyais.
L’une des bêtes piaffait, une sorte de chant comme ceux qu’ont les oiseaux, mais en plus grave, et moins beau. Epona était visiblement plus attentive à l’autre, celle qui restait silencieuse. Elle se pencha jusqu’au sol, à quelques centimètre de sa tête et entrepris de dénouer la liane qui l’entravait. Epona était libre. J’aurais voulu reprendre ma course, avec elle cette fois, mais je lu dans son attitude qu’il n’en serait pas ainsi.
Je m’assurais d’un couloir de fuite à l’opposé des créatures, à travers le bois et pris le temps d’avaler de grandes goulées d’air tout en continuant à observer. La créature jusqu’ici silencieuse était la plus grande des deux. Elles étaient, je m’en apercevais maintenant, assez différentes l’une de l’autre. La petite, qui chantait mal, n’avait pas les deux bosses sous son cou comme l’autre et sa crinière était moins longue. La petite fit un geste vers moi, je me raidis. L’autre, toujours silencieusement, se saisit de la crinière d’Epona et, dans un mouvement souple, se balança sur son dos. J’observais stupéfait la jument qui assurait calmement sa stabilité, une oreille tournée vers la créature, une autre vers moi sous les feuillages. La créature bavarde attrapa l’antérieur de sa consœur et, avec son aide, se hissa à son tour sur le dos d’Epona. La scène se déroulait dans un calme irréel, comme s’il en eu toujours été ainsi et je me sentait exclus de ce monde qui pour Epona avait l’air si familier.
Ce que je ressentais alors, je ne l’avais encore jamais ressentis. Un sentiment de gêne et de colère, comme lorsque, trop jeune, je devais m’incliner face à un rival plus fort. Je devais garder longtemps en moi l’image du regard d’Epona et l’odeur de ce jour là.
Dans la clairière trois têtes me regardaient. Je ne savais plus quoi faire. J’étais prêt à m’enfuir mais quelque chose me retenait, comme la certitude qu’il allait encore se passer quelque chose, que j’allais enfin comprendre. Soudain, rompant le charme de la scène, la plus grande des deux créatures se mit à pousser comme un long hennissement et, sans que j’eus le temps de bouger, elles se mirent en route et disparurent à l’autre bout du prés.

L’endroit, vide, redevint une banale clairière dans la vallée du printemps. Je dû cligner des yeux pour accepter la fin de l’étrangeté. J’attrapai nerveusement une jeune branche de frêne que je mâchais pour me calmer. Le trouble qui m’avait envahis n’avait, lui, malheureusement pas disparu et l’image d’Epona me regardant restait imprimée dans ma conscience, comme une tâches de soleil, rémanente.

Sur le chemin du retour je mâchai beaucoup. J’avais besoin de m’éclaircir les idées. Une chose était sure : je n’avais pas entièrement réponse à ma question. Les créatures étaient bien les sortes de parasites qui, avec Epona et d’autres, faisaient flotter cette odeur dans la vallée. Mais il y avait plus, des implications m’échappaient.

Les appels nerveux de Bionne ne cessèrent pas tout de suite à mon retour. Il lui fallu venir me toucher pour s’assurer que j’étais à nouveau bien là. Eondine m’avait accueilli avec une sorte de sourire en coin. Elle avait tout manigancé. Elle savait, et son attitude me disait que j’aurais bientôt d’autres réponses. Au loin des échos sourds et familiers m’annonçaient l’arrivée de nombreux troupeaux. Tous convergeaient sur la vallée, bien plus qu’habituellement. Je me mis à brouter. Un grand rassemblement se préparait. Eondine avait voulu que je vois Epona et ses drôles d’oiseaux parasites avant que cette assemblée n’ait lieu.
Alors que mes pensées flottaient ainsi au grès de ma mastication, une volée de passereaux m’entoura. Sautillants volatiles, ils me débarrassaient avec appétit de la plupart des petits insectes qui m’entouraient. Je relevais la tête et regardais Eondine : elle scrutait mon regard, un œil sur l’orée des bois. La symbiose. Ces oiseaux là ressemblaient bien peu aux autres. Symbiotes ou parasites ? Dangereux ou nécessaires ? Ce serait une question que l’assemblée devrait trancher. Je comprenais peu à peu l’enjeu de l’événement qui s’annonçait. Voici une chose que j’avais compris, sans pour autant avoir de réponse. Combien de questions me restait-il encore à découvrir ? Combien de choses Eondine aurait encore l’occasion de me montrer ?

L’excitation montait dans le petit troupeau. Les chevaux sauvages, certains brutaux et fiers, d’autres plus curieux et sociables, tous courageux, approchaient. J’en connaissait la plupart. La terre tremblait au rythme de leur marche. Des odeurs aussi différentes pour moi que l’était les couleurs de leurs robes masquaient maintenant toutes les senteurs animales de la forêt : la vallée était déjà envahie de leur présence olfactive. Soudain un cheval surgit du contrebas, non loin de l’endroit par lequel j’étais moi-même passé plus tôt dans la journée. Il fuyait. Un courant électrique parcourut mon dos, bandant successivement chacun de mes muscles à la vitesse de l’éclair, une vague de puissance pure. J’enregistrais instantanément trois nouvelles informations : les juments avaient déjà tourné le dos au danger et s’élançaient ; malgré la beauté de son pelage, le fuyard accusait son âge ; et ses poursuivants étaient des chevaux. Je ronflais en observant la scène. Sanguinolent, le vieil étalon tentait maladroitement de protéger son postérieur des bouches de ses poursuivants. Ils se rapprochaient. Bientôt la plaine qu’Eondine et moi surplombions se remplit de nos semblables. Le vieil étalon finit sa course non loin de nous, encerclé par une dizaines de chevaux écumants, : le conseil avait commencé.

L’autre était seul au milieu de tous. Il s’agissait d’un de ces beaux spécimens, bien nourri malgré la rudesse de l’hiver passé et bien peigné. Il était châtré. Tout cela, son odeur mêlée à celles des êtres redressés, ajoutait à l’agressivité des miens déjà exacerbée par la saison nouvelle et ses promesses.
Tout se passa très vite. Un tel regroupement, même pour un conseil de cette importance, ne devait pas s’éterniser. Ils avancèrent chacun leur tour. Mithridate, l’aîné, notre doyen, Osmoa la-force-brute, Panis aux-pieds-agiles, Rodo aux-milles-juments, tous des étalons respectés, tous se tournèrent successivement vers le vieil hongre pour un assaut violent. La plupart des jeunes les imitèrent. Non loin, dans mon dos, je sentait Eondine retenir son souffle, le regard braqué sur ma crinière et sur le plus proches des étalons. L’odeur cuivrée du sang saturait mas narines. Deux chevaux de mon âge m’avaient rejoint, Uthan et Vinx, mes amis, mes frères. Comme moi ils hésitaient devant tant de violence. N’étions-nous pas tous différents ? Comment un hongre constituerait-il une menace pour nos descendants ?
Soudain les centaines de juments et de jeunes qui assistaient, en retrait, au conseil se mirent à fuir dans toutes les directions. La vallée se remplit du vacarme assourdissant de milliers de sabots heurtant le sol sec. Osmoa se cabra. Il nous adressa de ses antérieurs un geste de défi avant de s’enfuir à son tour, content de la décision du conseil. Au milieu de toute cette débandade, le cheval blessé, résigné, attendait la mort des suites de ses blessures.
Alors que le calme revenait, jaillit la clameur qui avait fait fuir mes congénères. Une dizaine d’êtres cabrés se dirigeaient vers nous en gesticulant et en vociférants. Nous n’étions plus que trois auprès du blessé, et déjà, Vinx me faisait signe qu’il était temps de partir. Nous nous élançament alors vers les bois plus en hauteur mais, sans vraiment savoir pourquoi, je m’arrêtai avant le couvert des feuillus. Les êtres cabrés avaient rejoint le cheval mourant mais n’avaient pas commencé à le dévorer. Au contraire, ils l’avaient entouré, comme notre conseil, mais pour le protéger. Lui, les avait rejoint et avait posé sa tête contre celle de l’un d’eux. D’où j’étais je pouvais voir son regard : c’était celui d’Epona ! Il regardait avec la même intensité qu’elle, avec la même étrangeté, il le regardait avec ses deux yeux, simultanément. J’en restai stupéfait.
Puis, ils étaient partis, tous ensemble, sans violence, sans animosité.

Je m’apprêtais à rejoindre Eondine et les filles. D’un mouvement souple je relevait ma lèvre supérieure et humait l’air. Un souffle d’air chaud m’apporta le bouquet du parfum subtil qui mêlait l’odeur d’Epona à celle des êtres cabrés. Une certitude s’était fait jour en moi : quelque soit la décision prise par le conseil ce jour là, désormais, pour moi, rien ne serait plus comme avant.

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