Archives par mot-clé : Un hiver à New York

Un hiver à New York, Lee Stringer

J’ai Lu, 2002, 218p.

Note 9/10

Genre : Philosophe bourré de crack

Récit- témoignage à la première personne des affres de la dépendance au crack et de la vie de sans abri dans le New York des années 90. Sans lamentation ni misérabilisme, Lee Stringer, noir lettré ramassant les cannettes pour la consigne, trouve une place de vendeur puis de rédacteur dans le journal Street News.

Ce que j’en penses : rarissime et extrêmement jouissif de vivre ce récit de l’intérieur. Stringer arrive à réaliser cette rare quadrature du cercle en ayant à la fois la capacité de décrire son quotidien de al rue et de l’addiction tout en étant pertinent et clairvoyant sur les tenants et les aboutissants « politiques » de sa situation. Il Lativise et c’est assez rare pour le souligner.

Par ailleurs c’est dans cet ouvrage qu’il avance la théorie du clivage qui peut exister entre l’action politique et l’action venant du cœur et seule susceptible de changer les choses en mieux.

p.190 « En vérité toute politique quelle qu’elle soit, est foncièrement imparfaite. Le recours à la politique – particulièrement à une politique de droite – est l’aveu de l’échec de l’homme. Elle cherche à introduire, pro forma, dans notre code juridique ce que nous autres humains jugeons naturel et nécessaire, mais que nous sommes incapable de réaliser grâce à notre code moral.

                Par conséquent, l’esprit qui a pu présider à la rédaction de la loi ne se retrouve pas dans son application.

                Tant que les hommes seront imparfaits, et tant que nous persisterons à chercher un remède en dehors de nous-même, il y aura une politique d’un genre ou d’un autre (alors que, me semble-t-il, ce devrait être un ultime recours, et non le premier). Et tant qu’il y aura une politique, celle-ci sera imparfaite.

                La politique n’est jamais le véritable problème.

                Le véritable problème, c’est le cœur des hommes.«